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                               Janvier 2017

TOUCHER PEUT ÊTRE...

 

 

     L’acte de toucher-un-alter-égo-dans-un-élan-altruiste détient en lui-même un potentiel bénéfique tel, qu’il porte le germe du prendre soin.

     Que se passe-t-il alors si l’on s’attarde sur ce germe, que l’on y consacre une attention particulière pour le cultiver ?

     Lorsque c’est un soignant qui apprend à cultiver ce germe pour intégrer le toucher dans le soin comme une composante à part entière de celui-ci, il donne à ce dernier une dimension nouvelle.

     Par cet acte devenu conscient, le soignant entre en relation avec toute l’humanité de la personne en présence, avec tout ce qui fait d’elle un Être sensible, complexe, profond… Ainsi, plus encore que prendre soin du corps, il prend soin de l’Être. Le soignant se révèle Thérapeute [au sens antique du terme, c’est-à-dire dans l’esprit des Thérapeutes d’Alexandrie tels que les a décrit Philon, qui les caractérisait par leur hospitalité (qui, rappelons-le, a donné le mot hôpital) et leur attention à l’Être dans toutes ses dimensions : corps, âme et esprit.]

      Le toucher du Thérapeute peut se concevoir de différentes manières. Le massage en est une.

     Le toucher, devenu conscient, constitue l’essence du Soin. C’est, pourrait-on dire, le fond de celui-ci. Un massage est un soin, et en tant que technique manuelle il lui confère sa forme.

      Le massage va agir sur le corps physique, ou anatomique, avec des manœuvres spécifiques. Il intègre différentes conceptions de l’énergétique humaine avec les manœuvres qui s’y réfèrent. Son action engendre une diminution des tensions physiques et/ou des conflits internes (encore appelés nœuds), qui sont des freins à notre avancement dans la vie, et un rééquilibrage de la distribution de la vitalité entre les différentes parties du corps.

     Ces ajustements physiques et énergétiques vont agir sur le psychisme par résonnance. C’est-à-dire que le corps en se détendant montre le chemin à l’esprit. Il l’invite à relâcher les tensions qui lui sont propres, à s’apaiser pour enfin se trouver en Paix. En retour il n’impose plus son dictat au corps : le corps est en santé. La boucle est bouclée et corrobore le vieil adage « mens sana in corpore sano » - un esprit sain dans un corps sain.

 

     A titre d’illustration, voici le récit de notre première séance avec Me C. :

   Celle-ci se présentait à moi avec des douleurs aigües inexpliquées au ventre depuis plus d’un an que rien ne soulageait.

   Durant l’entretien de début de séance je demande à Me C. de me parler du contexte général dans lequel elle se trouve à ce moment-là. Celle-ci me fait alors part de la profonde contrariété qui l’habite depuis plus d’un an dans la relation avec son mari, suite à un désaccord entre eux, comme d’une blessure qui ne se refermerait jamais !

   L’entretien se termine. Le massage se déroule dans un profond silence. Me C. se lève lentement de la table de massage, et se rhabille paisiblement.

   Sur le point de quitter le bureau, elle me dit à mi-voix, comme une évidence de toujours : « mais bon, cette histoire avec mon mari c’est pas si grave… ».

Depuis et jusqu’aux dernières nouvelles Me C. n’a plus ressenti ses douleurs au niveau du ventre.

 

     Ce « cas d’école » illustre précisément le changement intérieur que le massage peut induire. Ici, ce changement a permis chez Mme C. la dissolution de la cristallisation émotionnelle qui était devenue physiquement douloureuse. Ainsi, l’action consciente sur son corps par le massage a invité son esprit à un relâchement comparable à celui-ci. La tension intérieure n’a alors plus de prise, elle disparaît. Sa manifestation douloureuse n’a plus de cause, elle disparaît.

 

     Ainsi, et avec cette vision du Soin, je propose à qui l’a momentanément égaré, de l’accompagner par le corps à renouer avec l’art de nourrir la relation à Soi, seule voie par laquelle nous apprenons véritablement.

 

M.P.P.D.

                               Novembre 2016

L'ESSENCE DE NOS SENS

     Chaque jour, nos organes sensoriels perçoivent des millions d’informations, et ce dans le but de nous renseigner sur notre environnement. Telle est leur fonction physiologique.

     Or actuellement nous baignons dans une surabondance d’informations visuelles et sonores bien au-delà du nécessaire, dont se charge en grande partie l’univers de la publicité. La vue et l’ouïe sont devenues de véritables cibles au mépris de leurs fonctions premières.

     En revanche, le goût et l’odorat s’avèrent laissés pour compte avec, en particulier, une alimentation qui s’éteint peu à peu, et des parfums de synthèse n’ayant plus aucun lien avec le vivant, qui tentent de s’imposer comme les nouvelles références en la matière.

     Reste notre 5ème sens, ou plutôt notre 1er sens si on s’en réfère à leur ordre d’apparition durant la vie embryonnaire : le toucher. Celui-ci ne semble pas donner prises à ces phénomènes caractéristiques de nos civilisations occidentales actuelles. Comme préservé, il reste une qualité individuelle dont l’importance dans la vie quotidienne est intimement liée à l’histoire de chacun.

     Ce rapport individuel au toucher peut aller de l’évitement méticuleux du moindre contact avec autrui, aux tempéraments très tactiles qui partagent ainsi toute la chaleur qui les habite.

 

[Avant d’aller plus loin, précisons que l’emploi du mot toucher dans ce texte évoque un simple contact physique entre 2 personnes. Il est ici dénué de toutes formes d’ambigüité.]

 

     Cette chaleur du toucher, nous en faisons l’expérience quand dans un moment difficile le contact d’une main bienveillante sur le bras ou dans le dos nous apporte un réconfort puissant, en regard de la douceur du geste.

     Nous faisons cette autre expérience intérieure du toucher lorsqu’en présence de l’amoureux ou de l’amoureuse, le moindre contact physique déclenche un déferlement d’émotions intenses…

     Il peut éveiller des émotions positives, comme en soulager de difficiles. Le Toucher est une passerelle royale entre notre corps physique et notre vie intérieure ; il est une ressource puissante qui permet d’agir au besoin sur notre vie intérieure.

     Mais cette passerelle pour exister nécessite qu’une condition essentielle soit observée : l’authenticité du geste. En effet, elle requiert la sincérité du geste, qu’il vienne du cœur. Et afin que tout le positif doit il est porteur puisse s’exprimer, - car seul le positif peut emprunter cette passerelle - il doit être accueilli sans réserve.

 

     Une autre caractéristique de ce sens réside dans le fait que l’on ne peut toucher sans être touché. Toucher, en instaurant le contact, est à la fois donner et recevoir. C’est un acte qui, de par le fait, demande du courage, au sens de la qualité de cœur, car toucher est à la fois écouter, accueillir, mais c’est aussi parler de soi, se dévoiler.

 

     A l’image du toucher, nos autres sens sont aussi au-delà de leur fonction physiologique , chacun à leur manière, une passerelle vers l’Âme…

M.P.P.D.

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